dimanche 30 mai 2010

Demain lundi

Demain soir, nous avons rendez-vous à Divonne-les Bains, une petite ville française à proximité de Genève, où nous logerons avec la délégation de la CSC. Nous retrouverons notre refuge d’où nous partirons pour suivre la conférence annuelle de l’OIT pendant deux semaines – certains collègues pendant trois semaines. Les logements y sont considérablement moins chers qu’à Genève, nous parcourrons donc quotidiennement les trente kilomètres qui nous séparent de Genève. Demain, un trajet en voiture de quelque 800 km nous attend. Les valises sont prêtes et ce vendredi, le coffre de la voiture était déjà rempli de boîtes en carton et de matériel divers.

Luc Cortebeeck, Pia Stalpaert, Andrée Debrulle, Véronique Rousseau, Chris Serroyen, Gilbert De Swert, Katrien Verwimp nous accompagnent, ainsi que Jeanne Devos. Mais quelles missions vont donc accomplir tous ces collègues de la CSC à Genève?

Luc Cortebeeck ou "Louc Korttebeck", conformément à la prononciation inimitable des participants à la conférence, présidera à nouveau le groupe des travailleurs au sein de la Commission des Normes. Cette commission sélectionnera une nouvelle fois une vingtaine de pays qui ont signé les conventions de l’OIT mais n’ont pas respecté ces normes. Et il ne s’agit pas de détails mais de règles internationales fondamentales comme la liberté syndicale, le travail des enfants, la concertation collective, la sécurité au travail, la discrimination,… Pour mener à bien ce travail, l’équipe de Luc doit avoir des dossiers bien documentés afin de contrer les plaidoyers des pays rappelés à l’ordre. En effet, ces derniers exercent souvent un énorme travail de lobbying et déploient tout leur talent juridique et rhétorique pour échapper à une évaluation négative dans le rapport de la commission.

Les dossiers doivent obligatoirement être traités sur place: la sélection des 20 pays s’opère en effet sur place, pendant la première semaine, sur la base de rapports préparatoires d’experts et de plaintes examinées dans une dizaine de pays. Cette sélection est déjà une première décision difficile pour cette commission tripartite. Une commission aux instances hétérogènes, composées de délégués venus de tous les horizons et de toutes les tendances. Il est essentiel de parvenir à un compromis négocié entre les employeurs et la délégation des travailleurs sur cette sélection.

La première semaine de travail consiste à négocier patiemment cette liste, d’abord au sein du groupe des travailleurs et ensuite avec les employeurs et l’ensemble de la commission. Véronique Rousseau de notre service international, et Andrée Debrulle de notre service d’étude, assument le travail en back-office. Par le passé, Chris Serroyen, Gilbert De Swert et Katrien Verwimp ont également pris en charge une série de dossiers sur ces pays.

Pia Stalpaert de la CSC Alimentation et Services et Jeanne Devos ont une autre mission. Cette année, nous travaillerons sur le projet de la Convention de l’OIT et sur une recommandation relative au travail décent dans le secteur du travail domestique et des gens de maison. Elles affirmeront leur ambition de parvenir à une norme internationale. Chris Serroyen suivra également les discussions sur une stratégie mondiale pour accroître l’emploi et en améliorer la qualité.

Personnellement, je participerai à la Commission SIDA. Ses travaux devraient être clôturés cette année et déboucher sur une recommandation officielle de l’OIT. Cette recommandation portera notamment sur la question de l’autorisation pour les employeurs d’imposer des tests de dépistage du SIDA à leurs travailleurs et celle de savoir si les gouvernements peuvent être informés de la séropositivité des migrants.

Une recommandation doit donc être discutée avec le pouvoir réglementaire dans tous les Etats membres. Nous vous donnerons plus d’informations sur cette question ultérieurement. Plus qu’une nuit de sommeil avant d’entreprendre un voyage de 800 km.

Herman Fonck

1 commentaire:

  1. Cher Monsieur Cortebeeck,

    Suite à notre rencontre à Genève, que j’ai sincèrement très apprécié et dont je garderai un souvenir inoubliable, je me permets de vous écrire pour vous soumettre un projet qui peut certainement être, je pense, un complément à mon projet précédent sur le parrainage des syndicalistes/travailleurs qui sont les plus démunis et les plus en danger dans les pays que vous connaissez (que trop) bien…

    Ce que je souhaiterais, si c’est possible, c’est demander soit à notre organisation CSC, ou à l’International Trade Union Confederation dont vous êtes le vice-président, de créer un site internet qui serait accessible par n’importe quel syndicaliste dans le monde, peu importe son appartenance syndicale, et qui servirait non seulement de « tribune » ou « d’open forum » mais aussi de témoignages de syndicalistes et/ou travailleurs, et surtout, « d’appel de détresse » ou « mayday » des personnes qui se sentent menacés par un danger imminent!

    Ce site qui pourrait être traduit en plusieurs langues, contiendrait également des liens vers différentes informations, blogs et autres sites et permettrait aux différents syndicats locaux de s’informer, d’échanger des idées, de veiller au respect des applications des normes de travail dans leur pays et de pouvoir faire face plus rapidement et avec moins de pressions à certaines situations.
    Avec l’aide internationale d’autres organisations syndicales, ils pourraient œuvrer - en l’absence de réglementations dans certains pays ou régions – pour la mise en place d’une meilleure législation et réglementations sociales qui garantiraient à tout travailleur les droits les plus élémentaires.

    Les témoignages via ce site pourraient aussi contribuer à aider la commission d’application des normes de l’OIT à mettre encore plus la pression médiatique sur les dirigeants et employeurs de « mauvaise foi »…

    Je suis sans doute un peu naïf ou même « idéaliste », mais je pense que si chacun d’entre nous prend des initiatives, consacre un peu de son temps, essaye d’apporter des « petites » solutions et consacre un peu d’énergie et de la bonne volonté, nous pourrons, comme nos prédécésseurs, gagner encore « quelques batailles » sociales et obtenir une meilleure solidarité.
    Said MEZIATI : mms_mms2001@yahoo.fr

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