lundi 6 juin 2011

Vers une convention en faveur des travailleurs domestiques




La conclusion d’une belle convention en faveur des travailleurs domestiques est déjà bien avancée au sein de la commission “Travail domestique”. Plusieurs obstacles importants ont déjà été levés. Voici le rapport de Bart Verstraeten (Wereldsolidariteit/Solidarité Mondiale) et Pia Stalpaert après le troisième jour des travaux de la commission.

Sous les feux des médias
Cette conférence nous propose pour la deuxième fois le thème “travail décent pour le personnel domestique”. Un thème particulièrement sensible pour certains, comme s’en souviendront ceux qui ont suivi les discussions de l’an dernier. A l’issue de ces discussions, il avait finalement été conclu de rédiger une convention contraignante pour les gens de maison et en complément une recommandation non contraignante. Les gouvernements, les employeurs et les syndicats prennent de nouveau place à la table des négociations, cette fois pour examiner le contenu de la « proposition de convention et de recommandation » élaborée par l’OIT sur la base des discussions de l’an dernier.

La mise en bouche
Nous avons commencé mercredi après-midi par la mise en bouche : la cérémonie d’ouverture de la commission, où syndicats, employeurs et gouvernements prennent la parole pour exposer brièvement leur position quant à la suite des travaux. Du côté syndical, pas de grandes surprises : ils sont satisfaits de la proposition actuellement sur la table. Du côté des gouvernements, une grande surprise nous attend : l’Inde, qui avait mené l’an dernier une attaque frontale contre la convention contraignante est disposée, cette année, à fournir une contribution positive aux travaux en faveur de la convention, sur laquelle elle émettra même un vote positif. C’est un résultat fabuleux, que nous devons au travail de lobbying du National Domestic Workers Movement de Soeur Jeanne Devos. Quelques surprises également du côté des employeurs. Puisqu’une large majorité d’entre eux est seulement disposée à accepter une recommandation non contraignante, ils se sont efforcés, dans leurs exposés initiaux, de rouvrir la discussion sur la forme de la norme de travail. La grande majorité des gouvernements n’a pas du tout apprécié cette manœuvre. Ils ont immédiatement rétorqué que ce débat avait déjà eu lieu, qu’une décision avait été prise et qu’il fallait avancer. Jeudi midi, les employeurs ont déclaré qu’ils avaient compris et qu’ils contribueraient à l’élaboration de la convention ET de la recommandation. Lors de la cérémonie d’ouverture, Solidarité Mondiale (WSM) a également pris la parole, avec les Jeunesses Ouvrières Chrétiennes Internationales (JOCI) et le Mouvement Mondial des Travailleurs Chrétiens (MMTC). Comme l’an dernier, nous avons laissé ce rôle à une travailleuse domestique : Maria Liz de la JOC Paraguay, qui a joliment plaidé pour une régulation correcte des conditions de travail du personnel domestique.

Le plat de résistance
Après la mise en bouche, chacun était très curieux de voir en quoi consisterait le plat de résistance : la bataille des amendements concernant la “proposition de convention et de recommandation”. Comme c’est habituellement le cas ici, les syndicats, les employeurs et les gouvernements peuvent présenter des amendements aux textes qui sont négociés. Chacun est curieux de voir combien d’amendements seront déposés et, surtout, quelle en sera la teneur. Pour le moment, nous ne disposons que des amendements qui portent sur les 9 premiers articles de la convention : il y en a énormément, plus de 150 selon nos estimations. Mais comme nous l’avons dit, la qualité prime sur la quantité. Heureusement, il s’avère dès le début des négociations que le dur travail de lobbying et de négociation accompli l’an dernier porte ses fruits : chacun connaît les marges dans lesquelles des négociations sont possibles et les matières sensibles pour les interlocuteurs de l’autre côté de la table.
Cette année, les employeurs ont désigné un nouveau porte-parole, un Néo- Zélandais, après le malaise de l’an dernier. Il se montre nettement meilleur que son prédécesseur, au grand soulagement des employeurs, mais aussi des syndicats et des gouvernements. De plus, tant les syndicats que les employeurs se déclarent prêts à des compromis, les gouvernements aident de temps à autre en présentant de bons arguments et le président, du ministère philippin du Travail, parvient, avec un bon mot ici et là, à faire passer plus facilement les concessions qu’il faut parfois accepter. Cette stratégie nous a permis de boucler hier le premier tour des négociations : nous avons un accord sur le préambule et les 4 premiers articles de la convention.
Bart Verstraeten

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